Avec les Portland Trail Blazers, l’ailier de 24 ans s’est imposé comme un pion majeur en défense. © Getty

Comment le Belge Toumani Camara s’est fait une place parmi les stars de la NBA

Toumani Camara sera le premier Belge à monter sur le parquet lors du week-end du NBA All-Star Game. Une récompense pour l’un des défenseurs les plus solides de l’élite du basket mondial.

C’est un week-end de premières fois.

Celle du Chase Center de San Francisco, inauguré en 2019 et servant depuis de repaire aux Golden State Warriors de Stephen Curry, maître incontesté du tir à trois points sur les parquets de NBA. Le prestigieux All-Star Game, rendez-vous au summum du divertissement de la saison de basket américain avec une sélection des stars les plus en vue des 30 franchises de l’élite mondiale du ballon orange, se déroulera du 14 au 16 février à San Francisco.

Celle d’une nouvelle formule pour l’événement. S’il oppose traditionnellement les meilleurs joueurs de la conférence Ouest (les équipes basées les plus à l’ouest du continent nord-américain) à ceux de la conférence Est, la version 2025 sera chamboulée. Il y aura désormais quatre équipes, trois composées par les consultants vedettes de la TNT, diffuseur de la NBA, et une quatrième qui émergera du tournoi prévu le vendredi soir entre quatre autres équipes à l’occasion du Rising Stars Challenge –un tournoi préliminaire qui regroupe des espoirs de l’antichambre de la NBA, mais aussi les meilleurs joueurs parmi les rookies (première année dans la ligue) et les sophomores (deuxième saison).

Celle de la Belgique, enfin, représentée pour la première fois à l’événement grâce à Toumani Camara, l’ailier des Portland Trail Blazers qui fait parler de lui pour sa deuxième saison dans la catégorie reine du basket mondial. Le soir de la Saint-Valentin, le Bruxellois disputera effectivement le Rising Stars Challenge dans la peau d’un titulaire à la suite du forfait de Brandon Miller, l’ailier des Charlotte Hornets, blessé au poignet.

Arrivé aux Etats-Unis à l’âge de 16 ans, le Belge avait déjà songé à se présenter à la draft, la fameuse sélection des meilleurs jeunes joueurs candidats à une entrée dans la Ligue, lors de l’édition 2022, mais il avait finalement attendu l’année suivante pour y glisser son nom. Avec succès, puisqu’il fut «drafté» en 52e position par les Phoenix Suns, devenant le deuxième joueur noir-jaune-rouge à monter sur les parquets de NBA après Didier Mbenga. Entre 2004 et 2011, «DJ» avait évolué successivement aux Dallas Mavericks, aux Golden State Warriors, aux Los Angeles Lakers puis aux New Orleans Hornets. En deux saisons, Camara a lui déjà deux franchises à son actif: après ses deux premiers mois à Phoenix, il fut impliqué dans un «trade» (un mouvement d’échange entre joueurs de franchises différentes) qui l’a envoyé poursuivre sa carrière US à Portland.

La récompense de Camara

Bien que le All-Star Game ait perdu beaucoup de son attrait en raison des spectacles fades et sans défense des dernières années –les scores étaient trop spectaculaires pour être crédibles–, une sélection dans l’une des équipes reste une marque prestigieuse au palmarès d’un joueur. Pour Toumani Camara, il s’agit d’une récompense après une deuxième saison jusqu’ici fort aboutie, au point que son absence dans la sélection initiale avait suscité l’incompréhension de la plupart des fans de la NBA.

Avec les Portland Trail Blazers, le joueur de 24 ans s’est imposé comme un pion indispensable, notamment en défense. A chaque match ou presque, sa mission est de neutraliser au mieux l’attaquant le plus dangereux de l’équipe adverse. Un objectif qu’il atteint souvent, généralement avec la manière. Grâce à des actions exceptionnelles, comme son bloc sur un tir de Paolo Banchero, la vedette d’Orlando, qui fut partagé avec enthousiasme sur les réseaux sociaux de sa franchise et de la Ligue. Mais surtout grâce à la pression constante qu’il exerce en tant que défenseur. Récemment, il a notamment limité le meneur de jeu d’Indiana, Tyrese Haliburton, à trois tirs, sur lesquels il n’a marqué aucun point. Une contre-performance très rare dans le chef du maître à jouer des Pacers.

«En défense, tout est une question d’engagement, de savoir à quel point vous êtes prêt à mettre votre corps en jeu.»

Le roc de Portland

Camara possède une condition physique de fer et un jeu de jambes rapide. Il a de longs bras, avec une envergure de 2,15 mètres pour une taille de 2,01 mètres, et peut sauter haut très rapidement, se classant en la matière parmi les dix meilleurs joueurs de la NBA. Outre ces qualités physiques, il est aussi un pitbull sur le terrain. Son entraîneur, Chauncey Billups, a souvent affirmé que le Belge était «le cœur et l’âme» de Portland. «En défense, tout est une question d’engagement et de volonté, de mesure avec laquelle vous êtes prêt à mettre votre corps en jeu», a déclaré Camara à NBA.com à la fin du mois de novembre.

L’article que lui consacrait le site officiel de la Ligue portait sur une statistique remarquable: le nombre de fautes offensives qu’il a imposées aux joueurs adverses cette saison. Souvent, il y parvient en se positionnant à toute vitesse sous le panier, en restant immobile avec les deux pieds côte à côte puis en laissant un adversaire lui rentrer dedans. Se faire percuter par l’un de ces colosses de plus de 100 kilos qui déboulent rapidement sous l’anneau pour planter un panier peut être douloureux, mais on dit que l’un des atouts majeurs de Camara est qu’il n’a pas froid aux yeux.

Avec 0,42 «charges drawn» par rencontre, soit la moyenne de charges encaissées par rencontre disputée, le Belge est d’ailleurs «la» référence sur les parquets de NBA pour cette statistique particulière. Ce qui fait de lui le joueur de la Ligue le plus performant lorsqu’il s’agit de se faire rentrer dedans. Parce qu’il le veut bien.

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