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Le « puits de l’enfer » tombe dans l’oubli

Muriel Lefevre

C’était l’un des secrets les mieux gardés au monde. Aujourd’hui, il est seulement protégé par un vieux couvercle rouillé. En dessous se trouve tout de même l’un des plus profonds trous creusés par l’homme.

Si la lutte dans la conquête spatiale a tenu les foules en haleine durant la guerre froide, une autre course, plus secrète, se tenait en coulisse. Les deux puissances, à l’image de Jules Vernes, cherchaient à rejoindre le centre la terre. Pour damer le pion à oncle Sam, les Russes se lancèrent entre 1970 et le début des années 90 dans le forage d’un trou à la profondeur abyssale sur la presqu’île de Kola. Le but de ce forage était d’atteindre les 15 kilomètres de profondeur afin de traverser la croûte terrestre, et accéder au manteau supérieur de la Terre afin de comprendre sa composition et les mécanismes internes de notre planète.

Le centre de la Terre est estimé à une profondeur de 6.400 kilomètres. Le puits d’une largeur de 23 centimètres n’atteindra que la 12.262 mètres pour cause de chaleurs trop intenses. En effet, à 12 kilomètres de profondeur les températures s’élevaient à 180 degrés Celsius. Si ce projet digne de la science-fiction n’a pas abouti et fut arrêté officiellement en 2005, il a tout de même donné de précieuses informations aux chercheurs. Comme la présence d’eau à une profondeur variant de 3 à 6 kilomètres. Les raisons de cette présence ne sont pas encore connues, même si on soupçonne que l’eau a été extraite de la roche sous la pression.

Cependant, la découverte qui aura le plus intrigué les chercheurs est la présence à une profondeur de 6,5 kilomètres de microplanctons fossilisés âgés de deux milliards d’années. Près de 24 espèces préhistoriques auront réussi d’une façon ou d’une autre à survivre dans ce milieu pour le moins inhospitalier.

« Le trou de l’enfer », l’objet de nombreuses légendes urbaines

En 1989 apparaît une légende urbaine qui stipule que des scientifiques russes auraient foré un trou profond de plus de 14 kilomètres. En y plongeant du matériel sensoriel, ils auraient entendu des cris « de damnés ». Néanmoins, le canular sera rapidement éventé puisque les prétendus cris ne seraient qu’un remix de la bande originale de Baron vampire, un film italien de 1972. L’enfer attendra donc encore un peu.

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