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Et si le yéti n’était qu’un ours?
L’abominable homme des neiges, qui hanterait l’Himalaya, les plaines de Russie et du Grand-Nord américain n’existerait finalement pas, selon une étude scientifique.
Bryan Sykes, professeur de génétique humaine à l’université d’Oxford, avait déjà fait parler de lui en octobre dernier, lorsqu’il avait annoncé tester trente-six échantillons ADN de la « bête », mis à sa disposition par plusieurs musées du monde.
D’après les premiers résultats publiés dans la très sérieuse revue Proceedings of the Royal society, ces poils et fragments analysés proviendraient pour la plupart de bétail, de raton-laveur et même d’homme ; de quoi frustrer les cryptozoologues les plus aguerris.
Pas de créature, mais une espèce inconnue
Si Bryan Sykes n’est pas parvenu à donner raison à ces rêveurs du Bigfoot, le scientifique en aurait néanmoins déduit que le fameux yéti – et ses traces de pas immenses, rendues célèbres par l’alpiniste Éric Shipton, lors de son expédition dans l’Everest en 1951 – pourrait être celui… d’un ours jusqu’alors inconnu.
Selon le quotidien Le Figaro, deux échantillons suggèreraient l’existence d’une « race de plantigrade non répertoriée ». Ils « correspondent à 100 % avec l’ADN d’un fossile d’ours polaire âgé de plus de 40.000 ans, mais pas avec des spécimens modernes de cette espèce », écrivent les chercheurs.
« Même s’il y a quelques signalements d’ours blancs en Asie centrale et dans l’Himalaya, il est plus probable que ces poils proviennent d’une espèce d’ours inconnue jusqu’à présent, ou d’une variété d’ours polaire de couleur différente, ou encore d’hybrides d’ours polaire et d’ours bruns », estiment les chercheurs. Et d’ajouter : « Si de tels ours sont répartis dans tout l’Himalaya, ils pourraient bien avoir nourri la légende du Yéti, particulièrement si, comme l’affirme le chasseur qui a tué dans les années 70 la bête du Ladakh, ils ont un comportement plus agressif vis-à-vis des humains que les espèces locales connues ».
Vers une énième expédition
Des supputations accueillies avec prudence par la communauté scientifique, qui juge la séquence ADN examinée trop parcellaire pour être concluante. Pour certains, il pourrait même tout simplement s’agir d’un croisement génétique comme il s’en serait produit dans le dernier âge de glace. Une hypothèse que Bryan Sykes n’a pas (encore) réfutée. Mais, loin d’être décontenancé, le chercheur aurait annoncé vouloir conduire des analyses plus poussées en menant une expédition d’observation sur les traces de ce mystérieux spécimen.
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