La végétation recouvre peu à peu les terres arctiques
À cause du réchauffement climatique, les plantes gagnent du terrain sur les plaines gelées du Grand Nord, faisant fondre le permafrost.
Le permafrost, ou pergélisol, est une couche de terre gelée au moins deux années consécutives, que l’on retrouve en très haute montagne ou aux pôles. Celui-ci recouvre près de 25 % des terres de l’hémisphère Nord, dont une bonne partie de la Russie, du Canada et de l’Alaska.
À cause du réchauffement climatique, des arbustes de plus en plus grands gagnent du terrain sur la toundra. C’est ce qu’ont observé 130 experts du monde entier, en comparant trente ans de données récoltées en Alaska, Canada, Islande, Scandinavie et Sibérie.
Or, selon une étude parue le 15 octobre dans la revue américaine Environmental Research Letters, ces plantes développées contribueraient elles aussi à la fonte du permafrost. Mieux ancrées dans le sol que les petits végétaux, leurs racines créeraient autour d’elles des « taliks », des îlots de terre plus chaude et meuble.
De plus, sur un terrain vallonné, ces grands arbustes retiennent davantage la neige. Celle-ci fond et s’infiltre alors dans le sol en suivant la pente via le talik, liquéfiant encore plus le permafrost déjà fragilisé.
Ce développement de la végétation, combiné à d’autres facteurs comme la hausse des précipitations, annonce la disparition progressive des terres glacées. Les chercheurs prévoient en effet une fonte de 30 à 70 % du permafrost mondial d’ici à la fin du siècle.
Juliette Chable
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