Anne-Sophie Bailly

Entre les syndicats et l’Arizona, le climat social reste sous haute tension

Anne-Sophie Bailly Rédactrice en chef

L’Arizona continue de brandir son accord gouvernemental, les syndicats leur calendrier d’actions. Si le fil de la concertation se renoue, il restera à l’évidence particulièrement tendu.

Si la grève générale du 31 mars a permis quelque chose, c’est de refléter clairement la tension actuelle autour du climat social et des positions de chaque camp. Du côté gouvernemental, le mot d’ordre ne souffre aucune ambiguïté: il est hors de question de s’éloigner des accords de gouvernement. Les réformes du marché du travail et des pensions seront menées à bien. D’autant que les astres sont politiquement alignés et qu’une partie conséquente de la population partage cette ambition de changement.

Du côté des syndicats, le mantra reste le même: malgré l’installation des coalitions marquées très à droite, des cartes restent à jouer, des points à engranger. D’autant que certains désaccords surgissent entre les formations politiques –comme les récentes dissonances sur le statut d’artiste ou le bras de fer pour lier taxation des plus-values et limitation des allocations de chômage dans le temps– et qu’une partie de la population, inquiète des changements annoncés, soutient ce marathon de protestation.

Aujourd’hui, on en est donc là. L’Arizona continue de brandir son accord gouvernemental, les syndicats leur calendrier d’actions. Mais dans le chef de ces derniers, il s’agit moins de faire reculer le gouvernement sur les réformes majeures annoncées que d’influer sur les modalités de leur mise en pratique. Car si le besoin de mettre le pays en ordre de marche semble globalement partagé, le chemin à suivre pour y arriver diverge fondamentalement. Et la journée d’action a montré combien ces deux visions de la société s’opposent sur une kyrielle de sujets précis comme la flexibilité du travail, l’aménagement des fins de carrière ou la réforme de la fonction publique, et généraux comme les secteurs où les économies doivent être réalisées et les investissements priorisés. Des désaccords idéologiques que la volonté gouvernementale d’augmenter le budget de la Défense –dans une feuille de route budgétaire déjà bancale– a encore renforcés.

Si le fil de la concertation se renoue, il restera à l’évidence particulièrement tendu.

Face à ce constat, une reprise du dialogue social reste-t-elle possible? De part et d’autre, on affirme l’appeler de ses vœux. Mais si le fil de la concertation se renoue, il restera à l’évidence particulièrement tendu. En témoigne le premier accord trouvé, sous l’Arizona, entre interlocuteurs sociaux sur les RCC (ex-prépensions) et les contrats temporaires de fin de carrière. Conclu au sein du Groupe des dix, il avait été recalé par la N-VA d’un «non à tout accord social qui pèserait sur la trajectoire budgétaire». Depuis, un financement a été trouvé et l’accord validé. La tension, elle, est restée.

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