Guillaume Gautier
La chronique de Guillaume Gautier | C’est sûr, la saison de D2 se terminera au tribunal
La réforme du championnat votée par les dirigeants de la Pro League n’entrera en vigueur que pour la saison 2026-2027, mais aura déjà des conséquences cette saison.
C’était tellement inattendu qu’on écrivait encore, il y a quelques jours à peine, que c’était impossible. Alors que les hommes forts du football belge coupaient les formules de championnat en quatre pour parvenir à une équation qui conservait les play-offs tout en diminuant le nombre de matchs joués, l’hypothèse d’un championnat classique à 18 équipes a refait surface et est parvenue à séduire tout le monde. Ou plutôt, à offrir des lots de consolation de tous les côtés.
Les grands clubs, Bruges en tête, sont contents parce qu’ils joueront moins de matchs, offrant une fraicheur bienvenue lors du sprint final d’une saison européenne souvent contrariée par les trop gros enjeux nationaux.
Les petits clubs sont contents aussi. Parce que l’élargissement du championnat à 18 équipes offre deux sièges supplémentaires en première division, et diminue donc drastiquement les risques de descendre vers la D2.
Genk, lui, n’était pas trop content. Parce que son équipe espoirs, actuelle lanterne rouge de la Challenger Pro League (nom officiel de cette fameuse D2), risquait de basculer au premier échelon amateur, et donc de perdre en attractivité pour les jeunes talents qui y sont formés. Alors, dans une négociation opaque et absurde comme le monde du football les aime, il a été décidé de garantir quatre des sièges de la D2 à des noyaux espoirs des plus grands clubs du pays. De quoi s’assurer que les problèmes d’obtention de la licence par les meilleurs des modestes clubs amateurs ne freinent pas le bon déroulé de la future deuxième division. De quoi s’assurer, aussi, que les grands clubs soient vraiment contents.
Sûrs de leur puissance, les dirigeants du football belge ont même songé à réformer le championnat dès cet été. Après tout, il suffisait de faire descendre des équipes en moins sans pénaliser celles qui tentent de monter, donc qui aurait pu être fâché? L’idée a été reportée d’un an, sauf pour le «Jong Genk», assuré de se maintenir pour que les votants actent le vote positif et décisif de Genk.
Puisque le Jong Genk est actuellement dernier, et qu’il faut bien un descendant, ce sera probablement au quatorzième du championnat de faire la bascule. Le siège est aujourd’hui occupé par Seraing, et les Liégeois sont à portée de Lommel, voire d’Eupen. Et du RSCA Futures, mais comme c’est l’équipe espoirs d’Anderlecht, vous aurez compris qu’ils ne descendront pas.
Quel que soit le verdict final d’un championnat déjà tronqué par le forfait de Deinze en cours de saison, l’équipe éventuellement lésée par une quatorzième place devenue descendante par la magie d’une modification de règlement en cours de saison ne se laissera évidemment pas faire. Les tribunaux sportifs peuvent s’attendre à un printemps agité, et la Challenger Pro League à une compétition à 17 clubs la saison prochaine. Ce sera un peu contraignant, mais les dirigeants se diront simplement qu’il faudra faire descendre une équipe supplémentaire l’année d’après. Peu importe pour eux, finalement, tant que ce n’est pas une équipe espoirs.
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