L’homéopathie se soigne

Près d’un Belge sur deux fait au moins occasionnellement confiance à l’homéopathie pour soigner les maux de la vie et des pathologies courantes.

Pour traiter leur dernière maladie, 66 % des Belges ont eu recours à des médicaments classiques et un quart à des médicaments homéopathiques ( voir infographie). Ceux-ci ont cependant la confiance d’à peu près la moitié des Belges pour les petits bobos : maladies hivernales (tant en préventif qu’en curatif), stress, coups, bleus, bosses, problèmes digestifs et allergies. La confiance est plus grande parmi les femmes, les francophones et les jeunes de 25 à 34 ans. Les rhumes et les états grippaux sont toutefois les seules pathologies pour lesquelles ce seuil des 50 % d’utilisateurs effectifs est atteint . Les laboratoires Boiron qui ont lâché ces chiffres sur la base d’un sondage Ipsos (1) se réjouissent évidemment du fait que l’homéopathie est  » totalement entrée dans les m£urs « .

Le succès de l’homéopathie n’est pas spécialement le résultat de campagnes publicitaires ou médiatiques. Un grand nombre d’articles et d’émissions très critiques relayant les positions scientifiques les plus étayées et les plus sérieuses jouent plutôt le rôle de contre-feu. Alors pourquoi les gens ne sont-ils convaincus qu’à moitié par les avis de la médecine allopathique et par les  » institutions  » ?  » Quand un patient a recours à l’homéopathie, c’est essentiellement sur la base du bouche à oreille « , note l’étude Ipsos-Boiron. On dira plutôt, en l’occurrence, que cela fonctionne de l’oreille à la bouche… Les gens sont conseillés par leurs proches mais aussi par les médecins. Ceux-ci, toutefois, reçoivent moins d’adeptes de l’homéopathie dans leurs cabinets. Ce qui souligne que les  » pro  » sont aussi plus méfiants vis-à-vis de la médecine conventionnelle et plus proactifs, soucieux de prévention. Le médecin n’est à l’origine que de 28 % des premières prises de médications homéos. L’automédication ( voir infographie) est pourtant inférieure pour ces dernières (38 %) que pour les allopathiques (50 %). A contrario, le généraliste est, selon l’étude,  » la pierre angulaire du développement de la médecine homéopathique « , d’autant que 84 % des personnes ouvertes à ces traitements comptent sur leur médecin habituel pour les prescrire. Les parents les donnent d’ailleurs souvent aux enfants, notamment pour des maux de dents de bébé.

L’absence d’effets secondaires, l’innocuité et la méfiance vis-à-vis des médicaments chimiques sont les rassurantes raisons d’utilisation principales. Parmi ceux qui ont abandonné l’homéopathie après l’avoir essayée, 43 % incriminent l’absence de résultats et 37 % leurs prix élevés et/ou leur non-remboursement.

P.S.

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