Limbes II, Clément Denis. © DR

Autour d’Art Brussels

Evénement de stature internationale, Art Brussels (du 21 au 23 avril, à Tour & Taxis) va drainer son lot d’amateurs d’art contemporain au coeur de la capitale. Dans les marges de cette grand-messe, d’autres chapelles méritent le détour.

YIA Art Fair

Ce salon international d’art contemporain existe depuis 2010 – sa première édition s’est tenue à Paris. On le doit à Romain Tichit de La Française des arts contemporains (LFDAC), une agence qui développe par ailleurs différents projets curatoriaux dans différents musées. Originellement axé sur la création émergente, cet événement, qui s’est taillé une belle réputation, s’est réinventé en cours de route. Comme en témoigne le slogan qui a évolué en  » Yesterday is aujourd’hui  » en lieu et place de  » Young International Artist « , désormais, il est également question d’art moderne. Le tout ficelé autour d’un programme fédérateur :  » soutenir galeristes et artistes engagés dans la création, la diffusion et la promotion des arts visuels « . Particularité ? YIA se greffe sur les temps forts du calendrier de l’art contemporain international, qu’il s’agisse d’Art Brussels, de la Fiac à Paris, ou des rencontres annuelles telles qu’on les connaît à Maastricht, Bâle, New York ou Londres. Au programme de cette 9e édition : un panel de 45 galeries venues tant du Japon que de Lituanie ou de Tchéquie. Au total, plus de 200 artistes représentés parmi lesquels on retiendra tout particulièrement les énigmatiques corps enchevêtrés du Français Clément Denis, représenté par LMS Gallery.

Yia Art Fair #09 – Brussels : au Square Brussels Meeting Center, au Mont des Arts, à Bruxelles, du 20 au 23 avril. http://yia-artfair.com

Art Sablon

Faire se rencontrer les arts anciens et l’art contemporain, telle est l’initiative proposée par Joana Balavoine et Jonathan Kugel d’Art Sablon. Un constat à la base de ce parcours : le fait que toute création a été un jour contemporaine et qu’il est superficiel d’opposer l’ancien et l’actuel. Pour en faire la preuve, le fameux quartier bruxellois des antiquaires va se mettre pendant trois jours au diapason de cette approche en plaçant antiquités et oeuvres récentes sous une nouvelle perspective. Au total, une petite vingtaine de galeries jouent le jeu. Parmi les belles rencontres, on pointe les détournements de Laura Maldonado Guisado exposée chez Henri Vanhoenacker ou encore les dessins naturalistes d’un Adam Batchelor chez Wim Prové.

Art Sablon : dans le quartier du Sablon, à Bruxelles, du 20 au 23 avril. www.artsablon.com

Friche

Un collectif d’artistes qui s’empare d’un chancre urbain et qui invite d’autres plasticiens à faire vivre ce lieu en transition, tel est le pitch de Friche. Un vrai laboratoire de formes et de création in situ à ne pas manquer (lire aussi Focus Vif, page 4).

Friche : au Hangar de la Senne, à Bruxelles, du 15 au 23 avril. www.friche.be

What is it ?

Jusqu’à la fin du mois d’avril, le festival What is it ? s’interroge sur l’art brut à travers différentes manifestations, expos, ateliers, table ronde et concerts dans différents lieux culturels bruxellois. Le but ?  » Proposer un nouveau regard sur la création brute et soutenir sa diffusion dans les lieux de culture.  » Pour cause, cette pratique est aujourd’hui en pleine mutation : elle s’ouvre à la musique, au numérique, à l’art contemporain. Après être passé par Marseille en 2015, l’événement s’arrête en Belgique pour une nouvelle édition coordonnée à la fois par La  » S  » Grand Atelier et BrutPop. Envie de tenter l’aventure ? La manifestation se déroule au Mima, au Brass, à la galerie Alice, au PointCulture, ainsi que dans les locaux de Recyclart. On retient tout particulièrement Brut ? à la galerie Alice. Cette exposition proposée par les commissaires David Lemoine et Antoine Capet démolit à coup de marteau les a priori sur cette pratique. Non, l’art brut ne se caractérise pas par l’absence de culture, l’isolement de l’auteur et l’utilisation de techniques artistiques classiques voire désuètes… Il est bien plus que cela dans sa version 2.0. La petite vingtaine de plasticiens retenus le prouve magistralement.

What is it ? : Brass, Mima, Alice gallery, PointCulture, et Recyclart, à Bruxelles. Jusqu’au 28 avril.

Poppositions

A la recherche d’une programmation pointue et exigeante qui s’éloigne des standards habituels en matière d’art contemporain ? Pas de doute, Poppositions est l’événement qu’il vous faut. Pour sa 6e édition, il renforce son positionnement de  » foire  » – le mot lui va mal – alternative à travers une approche  » indépendante, expérimentale et critique « . Au programme : une scénographie étudiée qui se tient loin du sempiternel stand blanc sans âme et, surtout, une offre calibrée – 21 galeries seulement présentant chacune un artiste – dont la dynamique  » se focalise plus sur le contenu que sur le commerce « . On aime ? Le carburant de cette manifestation, éminemment actuel : logiques participatives, lien avec les questions sociétales du moment ou encore proximité avec les artistes. Parmi les signes distinctifs, il faut également citer la présence d’un jury de haut niveau composé de l’artiste Kasper Bosmans, du plasticien et commissaire d’exposition Jo-ey Tang, de la commissaire d’expositions Elise Lammer. Sans oublier, Niekolaas Johannes Lekkerkerk qui assure tout à la fois la présidence du jury et la direction artistique de l’événement. Un nom à retenir parmi les 21 signatures présentes ? Celui de Romain Moriceau et ses jardins botaniques utopiques proposés par la galerie Archiraar.

Poppositions : à l’ING Art Center, à Bruxelles, du 20 au 23 avril. www.poppositions.com

Off Course

Off Course fait valoir une situation remarquable. En effet, cette foire qui porte la marque d’un galeriste franc-tireur de l’art contemporain, Antonio Nardone, a pris ses quartiers au coeur du bâtiment Dynastie, un lieu qui à lui seul vaut le détour. Situé en bas du Mont des Arts, ce colosse de pierre, originellement envisagé comme hall du palais des congrès, fait valoir une perspective de 17 mètres sous plafond. Pour sa 6e édition, Off Course reste fidèle au cadre qui en a fait le succès : un nombre restreint de galeries qui ne proposent pas plus de trois artistes par stand et l’accent mis sur les jeunes diplômés des écoles d’art plastique belges et internationales. Ce dernier axe assure tout son panache à l’événement qui, du coup, a des allures de vitrine de la création émergente. A ne pas rater, l’attribution d’un prix du public attribué par les visiteurs eux-mêmes.

Off Course Young Contemporary Art : au Mont des Arts, à Bruxelles, du 20 au 23 avril. www.offcourseartfair.com

PAR MICHEL VERLINDEN

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