Taxes douanières américaines
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L’Europe travaille à des «contre-mesures» aux nouvelles taxes douanières américaines de 20%

Donald Trump a annoncé, mercredi soir, l’introduction de nouvelles taxes douanières touchant presque tous les produits importés vers les Etats-Unis. Les produits européens seront taxés à 20%, dès le 9 avril. Ce n’est rien à côté des produits venant de Chine, dont la taxe de 20% déjà en vigueur est augmentée de 34%.

Le président américain, Donald Trump, a révélé lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, mercredi, l’introduction de nouvelles taxes douanières qui affecteront plusieurs pays. Ces taxes s’élèveront à 34% pour la Chine, 20% pour les pays de l’Union européenne, et 31% pour la Suisse. D’autres pays, comme le Japon, l’Inde, et la Corée du Sud, seront également touchés, avec des taxes respectives de 24%, 26%, et 25%. À partir du 5 avril, tous les produits étrangers importés aux États-Unis subiront au moins 10% de droits de douane, tandis que ceux concernant la Chine et l’UE seront appliqués dès le 9 avril.

Certains produits exemptés

Certains produits sont exemptés de ces nouvelles taxes, tels que les semi-conducteurs et les produits pharmaceutiques. Cependant, à partir du 4 avril, tous les véhicules étrangers et pièces détachées seront soumis à une taxe de 25%. En outre, Donald Trump a signé un décret annulant l’exemption de droits de douane pour les petits colis envoyés de Chine, une mesure qui a permis à des entreprises comme Shein et Temu de se développer aux États-Unis. Ces envois seront désormais taxés à 30% de la valeur déclarée ou 25 dollars minimum.

Objectif économique et réactions internationales

L’administration Trump espère générer 700 milliards d’euros grâce à ces nouvelles taxes, visant à revitaliser l’industrie américaine et à protéger l’économie nationale. Trump a déclaré que ces mesures permettraient de faire « renaître » l’industrie du pays et de mettre fin au « pillage » économique. Il a également exprimé sa conviction que les États-Unis pouvaient devenir beaucoup plus riches que n’importe quel autre pays.

Réactions internationales et divergences républicaines

Les pays concernés ont rapidement réagi. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a exprimé sa déception et a annoncé que l’Europe préparait des contre-mesures en cas d’échec des négociations avec les États-Unis. Elle a souligné que les droits de douane n’étaient pas la solution au problème et a appelé à un retour à la négociation plutôt qu’à la confrontation. Du côté du Canada, le Premier ministre Mark Carney a promis de répliquer, notamment en réponse aux taxes sur l’acier et l’aluminium. Le Canada et le Mexique, cependant, sont exemptés des taxes de base sur les importations, grâce à l’accord commercial nord-américain.

Aux Etats-Unis, certaines voix républicaines se sont élevées contre les nouvelles taxes. Quatre sénateurs ont rejoint les démocrates pour adopter une mesure symbolique contre les droits de douane sur les importations canadiennes, mais cette initiative a peu de chances de devenir une loi, le chef républicain de la Chambre, Mike Johnson, ayant déjà annoncé son opposition.

Réactions des autres pays

Taïwan, le Japon, la Chine et la Thaïlande ont exprimé leur mécontentement. Taïwan a qualifié la décision de « totalement déraisonnable » et annoncé son intention d’entamer des négociations sérieuses avec Washington. Le Japon a dénoncé les taxes comme étant contraires aux règles de l’OMC et a appelé à leur annulation. De son côté, la Chine a promis une riposte et a souligné que ces mesures portaient atteinte aux règles commerciales internationales.

En somme, cette nouvelle vague de taxes douanières risque de créer des tensions internationales, notamment avec la Chine et l’Union européenne, qui prévoient des contre-mesures face à ces décisions unilatérales.

(Avec Belga/AFP)

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