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Cumuler plusieurs emplois de salarié: opportunité en or ou piège fiscal?

Le Vif

En Belgique, le cumul de plusieurs emplois est autorisé sous certaines conditions. Il concerne environ 5,5% de la population. Mais cette pratique implique des règles spécifiques, notamment en matière de concurrence, de transparence et d’impact fiscal.

En Belgique, de plus en plus de travailleurs occupent plusieurs emplois simultanément. En 2024, 5,5% de la population active –soit environ 279.000 personnes– jonglaient entre deux postes chez différents employeurs, selon les chiffres de Statbel. Si cette pratique est généralement autorisée, elle implique néanmoins des règles spécifiques et quelques précautions.

Plusieurs emplois: un cumul autorisé sous conditions

La législation belge n’interdit pas à un salarié de travailler pour plusieurs employeurs. «Il peut cependant exister certaines restrictions, notamment en ce qui concerne les flexi-jobs exercés via une agence d’intérim chez un employeur avec lequel le travailleur est déjà sous contrat», explique Catherine Mairy, Legal Expert chez Partena Professional.

Les combinaisons sont variées: deux emplois à temps partiel, un emploi à temps plein couplé à un travail complémentaire… Mais, pour le salarié, la compatibilité des horaires et la charge mentale peuvent vite devenir des obstacles encombrants.

Un employeur peut-il s’y opposer?

Non, un employeur ne peut pas interdire à son salarié de cumuler plusieurs emplois en dehors de son horaire de travail. Il ne peut pas non plus le pénaliser pour cette raison. Même si certaines exceptions existent, notamment en cas de concurrence déloyale. «Un salarié d’un organisme assureur ne peut pas, par exemple, proposer les produits d’une compagnie concurrente sur son temps libre», illustre Catherine Mairy.

Quelles obligations pour le travailleur qui cumule plusieurs emplois?

S’il n’est pas obligatoire d’informer ses employeurs, il est recommandé de faire preuve de transparence en les notifiant par écrit. Par ailleurs, certains cumuls sont soumis à des conditions spécifiques. «Les flexi-jobs, par exemple, ne sont accessibles que dans certains secteurs et sous réserve d’avoir un contrat principal d’au moins 4/5e temps au trimestre précédent», précise Catherine Mairy.

Quels impacts fiscaux et sociaux?

Cumuler deux emplois signifie aussi cumuler deux revenus, ce qui peut faire grimper l’imposition en passant à une tranche fiscale supérieure. «Des règles spécifiques existent néanmoins, notamment pour les flexi-jobs qui bénéficient d’un régime fiscal et social plus avantageux», conclut l’experte.

Bien que légalement possible, le cumul d’emplois requiert donc une analyse approfondie pour éviter les contradictions légales et les mauvaises surprises fiscales.

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