Claude Archer
Benoît Cerexhe, bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre, a lancé plusieurs procédures judiciaires contre Claude Archer, le menant au bord de la faillite. © BELGA

200.000 euros pour une moustache façon Hitler? Les raisons derrière le courroux de Benoît Cerexhe contre Transparencia

Clément Boileau
Clément Boileau Journaliste

Le bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre est furieux contre Claude Archer, avec qui un conflit de sept ans s’est envenimé depuis une enquête de Transparencia sur la (non) publication de documents concernant le taux d’amiante dans des écoles de la commune. Le fondateur de «l’anticor» à la belge est désormais menacé de faillite complète.

Cela fait sept ans qu’entre Claude Archer, fondateur du mouvement Transparencia, et Benoît Cerexhe (Les Engagés), bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre, le torchon brûle; le premier reprochant au second un manque de vigilance sanitaire dans des écoles de la commune et divers abus de pouvoir. Benoît Cerexhe a répondu par une série de procédures le contestant, dont l’une demandait notamment à ce que la communication de Transparencia soit amendée, en particulier sur le site de l’asbl, sous peine d’astreinte.

La justice lui a donné gain de cause, mais le torchon a continué de brûler. Fin 2023, Benoît Cerexhe a porté plainte contre X pour un photomontage qui le représenterait «sous les traits d’Adolf Hitler, avec une petite moustache». Auprès du Vif, c’est sur ce point que le bourgmestre, soupçonnant Claude Archer d’en être l’auteur, insiste pour justifier les sommes engagées par la commune (27.500 euros), afin de «rétablir son honneur» . Toujours fin 2023, le service juridique de la commune avait par ailleurs validé la constitution de partie civile pour «incitation à la haine par une image à caractère antisémite»…

Impossible médiation

Pour Claude Archer, qui assure ne pas être l’auteur et avoir fait supprimer ledit montage immédiatement (en fait un commentaire sur la page Facebook de Transparencia et sur le réseau social X) , la facture est plus que salée, lui qui par ailleurs rappelle qu’il est… juif. Mais voilà, les huissiers lui réclament mordicus quelque 200.000 euros découlant des jours d’astreinte cumulés au cours desquels Transparencia n’aurait pas assez clairement mis en avant le jugement en faveur de Benoît Cerexhe (sur les accusations d’abus de pouvoir formulées par Transparencia). Claude Archer, cerné par les huissiers, a bien tenté de convaincre le collège communal d’accepter une médiation (le bourgmestre avait été sollicité en ce sens dès 2022), sans succès…

«Depuis quatre mois, nous avons entamé un dialogue avec Monsieur le bourgmestre et avons modifié toutes les publications que Monsieur Cerexhe nous avait demandé d’adapter», justifie-t-il dans un mail daté de fin mars, mettant sur la table «deux propositions  financières (…) dans le but de mettre un terme digne et équitable à ce conflit qui dure depuis sept ans, tout en épargnant à nos familles des conséquences dramatiques.»

Fin octobre dernier, Claude Archer, qui travaille désormais pour Fouad Ahidar, avait personnellement écrit au bourgmestre, demandant que «ses trois enfants aux études puissent ne pas être mis à la rue et ne portent pas les conséquences d’actes dont ils ne sont pas responsables», déplorant au passage «le regrettable conflit qui nous oppose depuis six ans et qui a pris une ampleur considérable avec votre demande de saisie sur nos biens et la demande d’astreinte de 200.000 euros». 

Ce jeudi, Le Vif a appris que Claude Archer et son associé chez Transparencia Patrick Installé ont proposé de régler les frais d’avocats contractés par la commune pour tenter de régler ce (long) litige. Quelque 27.000 euros, tout de même.

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