
La guerre et la promesse de livrer des F-16 à l’Ukraine ont stimulé la désinformation russe en Belgique
Selon un rapport du Service général du renseignement et de la sécurité, les opérations de désinformation russe ont augmenté, en Belgique, depuis le début de la guerre en Ukraine. Le SGRS parle de «Belgium Bashing».
Les opérations de désinformation et d’interférences étrangères ont connu une augmentation considérable en Belgique depuis l’invasion russe en Ukraine, ressort-il du rapport d’activité annuel publié mercredi par le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS). Ce service, attaché à la Défense, a constaté que la promesse belge de livrer des F-16 à l’Ukraine avait conduit à une augmentation des activités d’influence russe visant notre pays.
« Nous avons constaté une forme de «Belgium Bashing» (dénigrement de la Belgique) via des campagnes de désinformation », explique le général-major Stéphane Dutron, chef du SGRS, à l’agence Belga. Le but de ces campagnes était « qu’une partie de la population se dise: nous devons arrêter ça, nous sommes menacés si la Belgique livre ces avions. Les élections législatives de juin dernier, puis les communales d’octobre, ont également favorisé l’émergence de campagnes de désinformations.
« Nous constatons que certains récits – proches de l’extrême – ont été renforcés », explique Stéphane Dutron. Le SGRS a ainsi constaté une augmentation substantielle de fausses informations sur des sujets tels que l’immigration, la communauté LGBTQIA+ et l’extrémisme. « L’idée est que les gens commencent à croire en un certain récit parce qu’ils le voient très largement sur les médias sociaux », ce qui peut ensuite influencer leur comportement électoral. L’influence étrangère a été établie par le SGRS, sur base de « certains schémas que nous pouvons identifier », souligne son responsable.
Cyberattaques
En octobre, l’actualité a également été marquée par une série de cyberattaques qui ont ciblé plusieurs sites publics tant fédéraux que régionaux et locaux. Ces cyberattaques dites de « déni de service » effectuées par des groupes de hackeurs les ont saturés de demandes pendant plusieurs jours jusqu’à les rendre sporadiquement inaccessibles. Les mesures de protection de base ont toutefois généralement bien fonctionné et les conséquences sont restées limitées, note le SGRS.
« Le mode opératoire de ces groupes d »hacktivistes‘ vise par la publicité de leurs actions à inciter d’autres acteurs ou individus à s’y rallier afin d’augmenter l’effet dévastateur de l’atmosphère anxiogène qu’ils veulent initier. Il est à noter que moins il y a de publicité, plus leur effet escompté s’estompe », développe le rapport.