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Fusillades à Bruxelles : les autorités «rassurées» par le plan du procureur, mais demandent un renforcement de la police judiciaire
Les trois bourgmestres (socialistes) de la zone Midi (Anderlecht, Forest, Saint-Gilles) ont tenu une conférence de presse avec le chef de corps de la police locale, ce jeudi midi, sur les fusillades qui reprennent dans leur zone.
« On fait le maximum, mais la police ne peut pas résoudre ce problème seule« , a déclaré jeudi lors d’une conférence de presse le chef de corps de la zone de police Bruxelles-Midi (Saint-Gilles/Forest/Anderlecht), Jurgen de Landsheer, au sujet de la violence liée au trafic de drogue. Selon le chef de la police locale, ses effectifs agissent actuellement sur deux niveaux, d’une part « occuper le terrain pour être au plus proche de la population », d’autre part « collaborer étroitement avec les autorités judiciaires » et d’autres services concernés.
« Nous travaillons ensemble pour la population, pour nos services de police ainsi que pour tous les acteurs qui actuellement ont un sentiment d’insécurité », a déclaré Jurgen de Landsheer à l’entame de la conférence de presse, aux côtés des bourgmestres d’Anderlecht, de Saint-Gilles et de Forest.
« Pour le moment, on occupe le terrain de manière renforcée, avec l’aide de la police fédérale, pour montrer à la population qu’elle n’est pas abandonnée. Mais ce n’est pas une solution définitive. Il faut identifier ceux qui tirent les ficelles, les mafias derrière ce trafic de drogue », s’est exprimé Fabrice Cumps, bourgmestre d’Anderlecht (PS).
Ce dernier, ainsi que Jean Spinette, le bourgmestre de Saint-Gilles, et Charles Spapens, le bourgmestre de Forest, se sont dits « rassurés » par le plan d’action contre le narcotrafic élaboré par le nouveau procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil. Ils ont ajouté qu’il est toutefois nécessaire, selon eux, que le nouveau gouvernement fédéral prenne la décision de renforcer la justice et la police judiciaire fédérale de Bruxelles.
« Il y a une saturation du système judiciaire. C’est un problème criant », a commenté Jean Spinette. « Nous appelons à un renfort de la police judiciaire fédérale de Bruxelles, et à une surveillance accrue dans les stations de métro, qui sont justement sous la responsabilité du SPC (Police des Chemins de fer) de la Police fédérale », a-t-il ajouté.
« Nos communes ne sont pas que des ‘hotspots’ [zones où la présence policière est renforcée]. Il faut maintenir la police ailleurs aussi, dans les autres quartiers, pour d’autres types de faits. Notre zone de police locale ne peut pas assurer seule toutes les missions », a déclaré pour sa part Charles Spapens.
Ces derniers jours, le quartier autour de la station de métro Clémenceau à Anderlecht a été à plusieurs reprises le théâtre d’agressions à l’arme à feu. Il s’agit de règlements de compte entre trafiquants de drogue, qui se livrent une concurrence féroce pour l’occupation de territoires de vente.
Des faits similaires se sont également produits au cours des derniers mois dans le quartier de la place Bethléem à Saint-Gilles et dans le quartier de la place Saint-Antoine à Forest.