
L’aviation militaire russe fait preuve d’une activité « inhabituelle » et de « grande ampleur »
L’Otan a détecté un fort regain de l’activité aérienne russe et effectué de nombreuses interceptions en Europe, en mer Baltique, en mer du Nord et dans l’océan Atlantique ainsi qu’en mer Noire.
L’Otan a annoncé mercredi avoir détecté ces deux derniers jours une activité aérienne de « grande ampleur » de l’aviation militaire russe en Europe, en mer Baltique, en mer du Nord et dans l’océan Atlantique ainsi qu’en mer Noire, qualifiant ce niveau d’activité d' »inhabituel » au regard du nombre d’interceptions effectuées par des chasseurs alliés.
Dans le nord de l’Atlantique, des radars de l’Otan ont détecté mercredi vers 03h00 locales une formation de huit avions russes volant en formation au-dessus de la mer du Nord. Des chasseurs F-16 norvégiens ont décollé et intercepté les appareils russes – quatre bombardiers stratégiques Tupolev Tu-95 (« Bear H » dans la terminologie de l’Otan) – et quatre ravitailleurs Iliouchine 78 Il-78 – dans l’espace aérien international, a précisé le grand quartier général des forces alliées en Europe (SHAPE), installé à Casteau, près de Mons, dans un communiqué.
Six avions ont fait demi-tour vers la Russie, mais deux des Tupolev ont poursuivi leur route vers le sud-ouest. Ils ont été suivis par des Typhoon de la Royal Air Force (RAF) britannique, puis plus tard par des F-16 portugais dans l’océan Atlantique, à l’ouest du Portugal. Ils ont rebroussé chemin pour être à nouveau suivis par les moyens de l’Otan. Vers 16h00, les deux bombardiers, qui semblaient avoir repris la direction de la Russie, étaient toujours en vol, a précisé le SHAPE.
Les appareils russes n’avaient pas introduit de plan de vol et n’ont pas maintenu de contact radio avec les autorités chargées du contrôle aérien civil et n’utilisaient pas de transpondeurs – ce qui est habituel dans de tels cas, selon les experts.
Selon l’Otan, de « multiples interceptions » ont également eu lieu mardi et mercredi en mer Baltique, où des chasseurs de l’Otan assurent la protection de l’espace aérien des pays baltes, dépourvus d’avions de combat.
Mardi, pas moins de sept chasseurs russes (deux MiG-31 « Foxhound », deux Sukhoi Su-34 « Fullback », un Sukhoi Su-27 « Flanker » et deux Sukhoi Su-24 « Fencer ») ont été détectés vers 14h30, avant d’être pris en charge par des chasseurs Typhoon allemands et des F-16 danois, ainsi que par des appareils finlandais et suédois – des pays non-membres de l’Otan mais riverains de la Baltique.
Et mercredi après-midi, c’était au tour de F-16 portugais affectés à la mission de protection de l’espace aérien des pays baltes connue sous le nom de « Baltic Air Policing » (BAP) d’effectuer un décollage d’alerte à la suite de l’apparition de deux MiG-31, de deux Su-34, d’un Su-27 et de deux Su-24.
En mer Noire, des chasseurs turcs ont intercepté mercredi dans l’espace aérien international quatre avions russes – deux Tu-95 et deux chasseurs Sukhoi Su-27 « Flanker », toujours selon le SHAPE.
L’Otan a déjà mené plus de cent interceptions d’avions russes cette année, soit trois fois plus qu’en 2013, a souligné le SHAPE.